Environnement-Plage, un programme suffisant ?

La plage Vauvert - Gary Lawrence

La région du Lac-Saint-Jean est un endroit où se trouvent de nombreuses plages très fréquentées par les gens. Cependant, la baignade en eau douce comporte certains risques dont celui d’être contaminé par des micro-organismes pathogènes. Pour prévenir ce problème, certains exploitants de plages ont décidé de participer au programme Environnement-Plage, un programme du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDCLCC).

Environnement-Plage

Ce programme consiste à analyser et classifier les plages participantes selon la qualité bactériologique des eaux de baignades. Pour être admissible, il faut que la plage soit publique et qu’elle satisfasse les exigences de la Régie du bâtiment.

Entre le 16 juin et le 29 août 2014, un employé du ministère prend des échantillons à chaque endroit concernés, afin d’analyser le taux de coliformes fécaux se trouvant dans les eaux. Le but du programme est d’informer la population en diffusant les résultats pour qu’elle puisse profiter des lieux en toute quiétude.

La qualité bactériologique des eaux de baignades se classifie selon une cote de A (excellente), B (bonne), C (passable) ou D (pollué). Le nombre d’échantillons prélevé durant l’été s’appuie sur le résultat de l’année précédente. Ainsi, les plages ayant obtenues de bonnes cotes en 2013 seront échantillonnées au moins deux fois en 2014 et les plages ayant obtenues de mauvaises cotes en 2013 seront échantillonnées au moins cinq fois en 2014 de même que les nouvelles plages.

Ceci permet d’assurer une certaine surveillance des plages qui présente davantage de risque pour la santé.  Lorsqu’une plage obtient la cote de D, c’est-à-dire polluée, un communiqué de presse est envoyé aux médias pour informer la population de la fermeture temporaire de celle-ci.

La fiabilité du programme remis en doute

Malgré les précautions prises par ce programme, un cas d’infection à la bactérie E. coli est survenu sur une fillette, après s’être baignée dans les eaux d’une plage de Sherbrooke en 2010. La jeune fille de trois ans et demi a frôlé la mort et vit maintenant avec des séquelles. Ce cas démontre bien que la surveillance et la gestion des eaux des plages publiques sont très importantes pour la santé des baigneurs. Suite à cet événement, plusieurs exploitants des plages se sont demandé si la fréquence des tests d’analyse de la qualité de l’eau de baignade offerte par le programme Environnement-Plage est suffisante. Puisque la qualité de l’eau d’une rivière est beaucoup plus sujette aux variations qu’un lac, la ville de Sherbrooke a pris la décision en 2011 d’évaluer quotidiennement l’eau de leurs deux plages. Ces analyses supplémentaires permettent du même coup de mieux comprendre la réaction des rivières face à ses diverses sources de contaminants potentiels.

Source de contaminants

Les causes ne sont pas nécessairement dues à la présence d’animaux dans les cours d’eau. Il y a d’autres sources anthropiques responsables de ces fortes concentrations comme l’épandage de fumier, les installations septiques désuètes, les ouvrages de surverses,  les ouvrages d’assainissements municipaux défectueux et le raccordement d’égouts sanitaires connecté par erreur au réseau d’égout pluvial. Les oiseaux aquatiques ne doivent pas être nourris, car cela augmente le taux de coliforme fécal contribuant à la pollution microbiologique du cours d’eau.

Plages participantes

Pour l’année 2014, il y a au total 17 plages participantes au programme Environnement-Plage au Lac-Saint-Jean. La plage municipale de Saint-Ludger-de-Milot fait son entrée dans le programme, alors que celle du Complexe touristique du Lac à Jim à Saint-Thomas-Didyme n’est plus inscrite. Suite à des complications lors du marathon de nage de l’an dernier, la municipalité de Saint-Thomas-Didyme entend effectuer elle-même le relevé d’échantillons d’eau sur une base hebdomadaire afin d’obtenir des résultats rapidement pour agir à temps.

Jusqu’à maintenant, 13 de ces plages ont déjà été analysées par le ministère au moins une fois.  Il y a 10 plages cotées excellentes, 2 cotées bonnes et une cotée passable, celle de la plage municipale de Saint-Gédéon. Il reste encore 4 plages dont les données ne sont pas disponibles sur le site pour l’instant, mais l’échantillonnage est prévu cet été. Pour connaître la qualité bactériologique des eaux de baignade des plages participantes au programme Environnement-Plage, il suffit de consulter le site internet du Ministère.

Auteure: Cloé Rousseau

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